V {comme vaisselle , Mouahahahaaaa}


Les Visiteurs arrivent sur Terre avec des intentions qu’ils promettent bienveillantes. Mais l’illusion ne dure qu’un temps ! Bien vite, les événements dégénèrent. L’apparence humaine de ces extraterrestres n’est qu’un leurre et leurs intentions sont loin d’être pacifiques. Face à cette invasion, la résistance s’organise parmi les humains…

Créée en 1983 par Kenneth Johnson (L’homme qui valait 3 milliards, Hulk, Alien Nation), « V » est une série télévisée à cheval entre Histoire et Science-Fiction. L’invasion de la Terre par des Aliens fait écho à la domination des Nazis sur l’Europe durant la Seconde Guerre Mondiale. La série dénonce les mécanismes du totalitarisme, et glorifie les actes de résistance isolés… Elle nous montre finalement que l’Histoire se répète si l’on oublie trop vite…
Aux Usa, le succès fut immédiat

La diffusion de la première mini-série n’était pas achevée que les principaux acteurs – ces inconnus nommés Marc Singer, Faye Grant, Jane Badler … – étaient devenus de véritables «stars» du petit écran, tandis que la presse TV et les suppléments du dimanche consacraient couvertures, articles, interviews, à ce qui allait devenir bientôt un des séries phares des années 80.

Combien de films, de séries TV, de romans découverts et appréciés lorsque vous étiez adolescent, et devenus aujourd’hui autant de souvenirs incertains s’avèrent-ils être tout simplement «irregardables ou illisibles, lorsque vous décidez de les redécouvrir à l’âge adulte ? Tous … ou presque.

V sort du lot. V est toujours à la série de Science-Fiction ce que la trilogie de la Guerre des Etoiles et au cinéma de Science-Fiction : une référence.

Les raisons essentielles de ce «bon vieillissement», ce que l’on pourrait appeler les clés du succès de la série, sont de trois ordres. Soit, en schématisant :

- La «plausibilité» du scénario – qui fait de V un «produit» très grand public,

- Le soin apporté à l’élaboration des personnages ainsi qu’au choix des acteurs,

- la qualité étonnante des effets spéciaux – qui font de V, dans le domaine de la Science-Fiction s’entend, le premier «produit télévisuel» esthétiquement comparable aux films de cinéma.

Voilà une série TV qui est «complètement» de la SF – et non pas cette guimauve «soft» où l’élément SF n’intervient qu’en toile de fond à une histoire d’amour ou à un polar ! Il y a des vaisseaux spatiaux gigantesques, des extraterrestres abominables, de l’hyper-technologie, une mutante, des pouvoirs psy … et l’argument de base est un motif purement SF puisqu’il ne s’agit rien moins qu’une nouvelle guerre des mondes. Mais au lieu d’effrayer les réfractaires à la SF, voilà que V les séduit. Les taux d’écoute le montrèrent : dès sa première diffusion, l’audience de la série dépassa largement l’habituelle clientèle de Star Trek ou Voyage au fond des mers.

PWNED !
PWNED !

C’est que l’action de V ne se situe pas à bord d’une station orbitale ou d’un vaisseau spatial en route vers une lointaine galaxie, ni sur une planète exotique et incompréhensible, ni dans un futur éloigné et hyper-technologique, ni dans un passé légendaire … V c’est de la SF avec le label «ici et maintenant» : c’est aujourd’hui même que ça se passe, au coin de la rue, et c’est votre voisin qu’ «ils» emmènent … Alors, à quand votre tour ?

Le parallèle immédiat – et appuyé par le réalisateur et le scénaristes – entre les Visiteurs et les Nazis, fait que la série appartient autant à la SF qu’au récit de guerre conventionnel. Les gigantesques vaisseaux mères ne sont, en définitive, que des portes-avions ancrés au large de nos côtes, les patrouilles de lézards ne diffèrent en rien des patrouilles mises en place par n’importe quel corps expéditionnaire pour contrôler un pays occupé, pour surveiller une population vaincue mais où le germe de la résistance pourrait bien trouver un sol favorable.

-=Visitors Fast Food=-
-=Visitors Fast Food=-

L’univers de V est immédiatement accessible au téléspectateur, qu’il possède ou non une «culture» en matière de SF – d’autant que l’esthétique SF est suffisamment présente dans nos sociétés occidentales, le genre a à ce point contaminé le réel, agissant là comme un véritable principe actif, que tout un chacun évolue, qu’il le veuille ou non, dans une ambiance, un décor, un univers qui, bien souvent, empruntent leur substance au fond commun du genre.

Le motif de base est lui-même facilement acceptable et même crédible : après tout, n’avons-nous pas nous-mêmes mené des actions de ce type ? L’Amérique triomphante des années 80 n’a pas le monopole de l’impérialisme, mais elle en maîtrise au mieux les techniques et n’hésite jamais à affirmer sa volonté hégémonique. La domination des pays du Nord – et en particulier des USA – sur le tiers-monde n’est en rien moins odieuse que celle des Visiteurs sur la race humaine; elle est par ailleurs parfaitement banalisée et acceptée – puisque vécue sans grand problème de conscience – par la population américaine.

V ne fait là qu’à peine transposer une situation de fait, bien connue – ce qui ne fait que renforcer la crédibilité de l’argument de la série.

Pour nombre de commentateurs, le propos essentiel de V – je parle ici des deux mini-séries – est de montrer, sous couvert de Science-Fiction, comment la population d’un pays démocratique et moderne, par exempIe les Etats-Unis d’Amérique, réagirait en cas d’occupation de son sol par une armée étrangère.Le créateur de la série lui-même, Kenneth Johnson, privilégie ce décryptage de ses intentions d’auteur, en déclarant “Il y a déjà quelques années que j’ observe la montée de certains éléments fascistes aux Etats-Unis : la création de milices, et ainsi de suite. J’avais très envie de raconter ce qui se passerait si nous nous retrouvions pour de bon dans un état policier. Et en particulier comment les Américains bien différents réagiraient à une occupation par une armée fasciste, telle qu’en ont connue les Français lorsque les Allemands les ont envahis au début des années 40.” (Entretien avec Ken Johnson, dans l’Ecran Fantastique, juin 1983).

L’intention est louable. Le propos paraît original – pour une série TV s’entend, la Science-Fiction littéraire l’ayant traité à de nombreuses reprises, tant par le biais de l’uchronie (Allemands et/ou Japonais gagnent la seconde guerre mondiale et occupent l’Amérique) que par celui de la politique-fiction (mise en place d’un régime fasciste ou occupation effective par une armée étrangère – citons Sixième Colonne, le roman classique de Robert Heinlein ou It Can’t Happen Here, écrit par Sinclair Lewis en 1935 et que Johnson revendique comme une source essentielle pour la série). Le traitement est ici mené sans restriction ni (auto) censure.

De fait, lorsque les Visiteurs décrètent la loi martiale et prennent le contrôle de la planète, les humains réagissent de manière très différente ; c’est l’entière galerie des sentiments humains qui est alors exposée et toutes les attitudes qui en découlent sont dépeintes : de l’extrême lâcheté à l’héroisme le plus admirable, de la collaboration avec l’ennemi, consciente, raisonnée, voire même justifiée idéologiquement, à l’engagement total dans la résistance et la lutte armée, avec les risques que l’on imagine.

Image

Il est indéniable qu’une surabondance de signes plaide en faveur de l’assimilation des Visiteurs aux Nazis : qu’il s’agisse de l’emblème de l’ennemi – une Swastika dextrogyre stylisée -, de ses uniformes (Leur pistolet est un Luger revu et corrigé, pour qu’on y retrouve quelque chose de bien allemand, tout comme dans les casques, les uniformes, les bottes et les couvre-chefs. C’est très insidieux.), de sa hiérarchie, des mentions et références faites à son système politique (une dictature) et à son “Leader” (le “Chef” en anglais, le mot “Fuhrer” a la même signification en allemand). La relecture métaphorique de la Seconde Guerre Mondiale se complète tout aussi explicitement par une assimilation entre la communauté scientifique et la communauté Israélite : de même que les Nazis traquaient le Juif et planifiaient son extermination, les Visiteurs éliminent l’un après l’autre les chercheurs de renom – ou tentent de les «convertir» (le terme n’a pas été choisi par hasard) à leur cause, par un lavage de cerveau radical. La comparaison est d’autant plus parlante que la communauté juive, de par certaines de ses traditions culturelles et comportementales – telles que le questionnement systématique du fait admis, la remise en cause des acquis culturels ou du savoir, cette sorte de “culte” de l’étude – est surreprésentée dans les sphères de la connaissance scientifique. Eliminer l’élite scientifique : chercheurs, médecins, biologistes… c’est frapper de prime abord la communauté juive – évidence revendiquée par l’auteur, ne serait-ce que par le biais des consonances et du jeu des références : Juliet Parrish, Robert Maxwell, etc.

Image

Et comme si cette abondance de signes ne suffisait pas à la compréhension du téléspectateur, le personnage d’Abraham Bernstein – patriarche de la famille voisine des Maxwell – assène à son fils un discours sur la Mémoire, construit sur la révélation du sort réel de son épouse disparue dans les camps nazis, et destiné à éclairer ce fils, un instant aveuglé par l’ignorance, quant à la nécessité de l’engagement aux côtés des Maxwell – engagement se traduisant par l’obligation morale de les cacher: “Si nous ne le faisions pas, alors tout cela n’aurait servi à rien puisque nous n’aurions rien compris!”

Image

Si le mot “Culture” provoquait la réaction que l’on sait chez le ministre de la propagande nazie, si les livres des auteurs “cosmopolites” (comprendre “non-nationaux” ou, plus précisément, “non-aryens”) servaient à illuminer les nuits berlinoises de gigantesques bûchers, c’est le mot “biologie” qui incite les Visiteurs à “dégainer”, et ce sont certains travaux ou dossiers scientifiques qui commencent à disparaître des archives et bibliothèques, avant que leurs auteurs ne soient nommément désignés comme les instigateurs d’un complot international – moderne version para-oïaque du supposé complot judéo-maçonnique. Les savants sont accusés d’avoir caché et détourné à leur seul profit d’importantes découvertes : par exemple des remèdes contre des maladies incurables et mortelles. Les Visiteurs vont mettre bon ordre à tout cela et remettre au peuple ce qui lui revient de droit… mais plus tard : il faut d’abord s’emparer des conspirateurs.

Image

L’adversaire le plus redoutable de tout régime dictatorial est la connaissance. C’est pour cette raison que les Nazis brûlaient les livres “non conformes” – comme ces pompiers chargés de détruire toute trace d’écrit dans le roman Fahrenheit 451 de Ray Bradbury – tandis que les Staliniens, à chaque nouvelle “réécriture” de leur histoire, prenaient le plus grand soin à faire disparaître toutes les éditions antérieures des manuels d’histoire, d’économie, de géographie… La connaissance, en cela qu’elle donne l’image la plus proche de la vérité, est l’arme la plus puissante et la plus précieuse des résistants – les hommes-livres de Bradbury s’emploient donc à mémoriser ce qui ne peut être sauvegardé concrètement. La connaissance est condition essentielle, primordiale de la liberté, de la démocratie, de l’auto-détermination. La bibliothèque, symbole de la conservation de la connaissance, est donc un motif récurrent dans la Science-Fiction littéraire ou télévisuelle : lieu de passage obligé pour le héros Asimovien en quête d’informations (Tyrann, Les courants de l’espace, Fondation … ), lieu de révélation sur la véritable nature de l’univers dans The Overman Culture d’Edmond Cooper, lieu de réunion pour les opposants dans Soleil Vert, lieu de refuge pour les fuyards de l’Age du Cristal, lieu où survit la mémoire d’une civilisation dans… d’innombrables récits ! Lieu célébré par de nombreux écrivains et objet/sujet de plusieurs anthologies!

Les deux mini-séries – puis la série à proprement parler – multiplient à l’envi les signes validant la pertinence de la métaphore.

Image

Les Visiteurs prennent des otages et menacent de les fusiller si tel responsable ne se livre pas . une milice constituée de jeunes sympathisants est organisée sur le modèle des mouvements de jeunesse nazie, ses membres vont jusqu’à espionner et dénoncer leurs propres parents; des camps d’internement sont créés; des “expériences” sont menés sur les humains – la “conversion” bien entendu, qui permet entre autres de mesurer la résistance des humains, mais aussi une tentative «sur ordre” de croisement entre les deux espèces; la police collabore avec l’occupant – tout comme la police française de Vichy, soucieuse de flatter l’occupant, organisa les rafles et poussa le zèle bien au-delà des demandes allemandes; l’être humain est rabaissé a la somme de ses composants organiques : de même que les Nazis “récupéraient” dents en or, cheveux, os… les Visiteurs ne voient en définitive dans la race humaine qu’une réserve de protéines. On trouve là une assez surprenante illustration, au premier degré, de la formule de Staline : “L’antisémitisme est un cannibalisme” ; peu après, le petit père des peuples (dépeuplés) intégra avec profit ce cannibalisme dans ses méthodes politiques.

Pour clore l’énumération des détails non fortuits et autres signes architecturant la métaphore, interrogeons-nous sur la présence dans les premières images du générique de présentation, du visage et du nom d’un certain Tommy Peterson. Ce jeune acteur est totalement inconnu – l’absence de son nom dans l’index du Complete Directory to Prime Time Network TV Shows, indique qu’il ne fut de la distribution régulière d’aucune série, il n’est pas plus utile de le chercher dans des “Who’s Who” des (grandes et moins grandes) figures de l’écran comme The TV Encyclopedia, ouvrages faisant référence et servant à l’occasion d’utiles baromètres de célébrité ! Quant au personnage qu’il incarne, à première vue il paraît insignifiant : Josh Brooks est un camarade de classe du fils de Mike Donovan, Sean ; celui-ci vit avec sa mère dans Monrovia, une petite ville située près de Los Angeles. Que vaut donc à Tommy Peterson l’honneur d’être présenté au générique, intégré dans le petit groupe des “stars” (comédiens connus et / ou rôles de premier plan) ? La réponse réside peut-être dans la valeur symbolique et constructrice du rôle : craignant pour la vie de son fils et de son ex-femme, Donovan se propose de les mettre à l’abri. Mais l’occupant l’a devancé et la ville est déserte – à l’exception de Josh, seul survivant, qui explique que les Visiteurs ont emmené tout le monde. La recherche de Sean – et partant la quête de la vérité quant au sort des habitants – sera désormais la préoccupation première de Donovan et le conduira à découvrir que les Visiteurs sont des mangeurs d’hommes.

Interrogé sur cet épisode, Kenneth Johnson fera référence à un acte semblable perpétré par les forces allemandes, contre la population d’un village français, exécutée en représailles d’un attentat contre un gradé de l’armée d’occupation.

Le “message” ne pouvait être asséné avec davantage de force!

Cela étant, une seconde mise en perspective historique est également suggérée par Kenneth Johnson – mais elle n’est perceptible qu’au prix d’un décryptage esthétique, et pour autant que le téléspectateur se souvienne avec précision de la séquence d’ouverture de la première mini-série.

La scène se passe au Salvador, dans un village tenu par la guérilla. Donovan et son assistant interviewent le chef des guérilleros lorsqu’un hélicoptère – non identifié mais piloté par des blancs (des “conseillers américains” ?) – surgit et ouvre le feu sur la population qui, affolée, cherche à s’enfuir au milieu des explosions. N’écoutant que son courage, le chef guérillero se poste au centre de la place du village et, pistolet au poing, fait face à l’hélicoptère qui plonge dans sa direction, faisant feu de ses mitrailleuses. Insensible à la grêle de métal qui pleut autour de lui, l’homme ajuste sa cible et parvient à toucher l’hélicoptère qui s’abat en flammes!

Cette moderne interprétation de la lutte à mort entre David et Goliath est rejouée en scène finale de la première mini-série. Alors que les Visiteurs pilonnent de leurs armes redoutables le “camp de la montagne” où se cache la Résistance, Julie, qui vit la scène comme au ralenti, aperçoit soudain Josh – seconde apparition d’un personnage décidément “catalyseur” – qui appelle à l’aide. Elle surmonte sa peur et, armée d’une simple arme de poing, se plante au centre du camp et attend de pied ferme la navette de Diana qui fonce vers elle, faisant feu de ses lasers. Le pistolet de Julie ne peut rien contre un monstre technologique doté d’une puissance de feu sans commune mesure; Diana ordonne un second passage: “Je veux qu’on tue cette fille !”. Si la scène sert bien de contre-point à la séquence d’ouverture, le dénouement en est toutefois sensiblement différent : l’arrivée de la navette dérobée par Donovan transforme en un duel aérien ce qui ne pouvait tourner qu’à l’exécution pure et simple. Les rôles se renversent d’ailleurs complètement : dans le prégénérique, Donovan, traqué par l’hélicoptère américain, est sauvé in extremis par l’arrivée d’un vaisseau-mère – dans cette séquence qui est à la fois un des “climax” de la première mini-série et l’annonce de la conclusion (provisoire) du “premier round”, les rôles se renversent : le gibier Donovan sauvé par l’arrivée des Visiteurs devient chasseur de Visiteurs ; avec cette morale étonnante : c’est parce que la Résistance – à travers son chef Julie – montre le même courage, la même détermination, à combattre l’envahisseur extraterrestre que la Guérilla – à travers son chef – en montrait à repousser les troupes américaines (mercenaires, CIA … ) au Salvador, que David parvient à repousser Goliath.

Cette assimilation de l’ingérence américaine en Amérique Latine à l’invasion des Visiteurs éclaire singulièrement les déclarations de Kenneth Johnson sur la “montée [observée depuis quelques années] d’éléments fascistes aux Etats-Unis”. La mini-série V est diffusée en mai 1983, l’année même où l’administration Reagan lance officiellement le programme “Guerre des Etoiles” et où, illustration de la politique ultra-interventionniste de la Maison Blanche, les troupes américaines interviennent militairement à la Grenade. La mini-série sera rediffusée en août 1984, moins de quatre mois avant la réélection triomphale de Ronald Reagan.

A ma connaissance, cette interprétation “alternative” n’a jamais été notée par les commentateurs et critique de la série. Peut-être fallait-il le recul d’un Européen pour décrypter l’expression de cet engagement politique de l’auteur – il est vrai dissimulé avec efficacité (si ce n’est avec subtilité) par l’assimilation immédiate (et parfois pesante) Visiteurs / Nazis.

Les séries TV au même titre que toute production populaire, n’échappent que rarement a la tentation manichéene: Les bons y sont vraiment bons, tandis que les méchants s’y révèlent encore plus méchant que prévu !

Dans une assez large mesure, les créateurs de V ont évité cette opposition réductrice entre les divers groupes de personnages. Les Visiteurs sont présentés comme une peuple opprimé, soumis à la volonté d’un dictateur. Une cinquième colonne – véritable résistance intérieure – s’est organisée à bord des vaisseaux; sur Terre, certains Visiteurs comme Willie luttent, sans état d’âme, aux côtés de la Résistance.

Traîtres ou héros ?

C’est une question de point de vue: sur le fond, l’attitude de Willie (un Visiteur passé du côté des terriens) est de même nature que celle de la mère de Donovan (une terrienne collaborant sans réserve avec les Visiteurs). Tout au plus peut-on objecter qu’il est moralement justifiable de «trahir» son propre peuple (sa propre race) au profit des opprimés, des faibles, des agressés, d’un autre peuple (d’une autre race); alors que se ranger du côté du plus fort par appât du gain est moralement condamnable. Peut-être. Mais il n’en reste pas moins vrai qu’il s’agit tout de même d’une question de point de vue: toute action, tout positionnement est jugé en fonction de la morale de l’un des camps, des valeurs considérées comme positives par un camp, négatives par l’autre.

Photo : V : LA SERIE TV (VOLUME 1)

Il ne fait pas de doute que tout téléspectateur peut s’identifier, d’une manière ou d’une autre et parfois contradictoirement à son voisin de palier, à l’un des personnages de la série.

L’attitude de certains personnages est encore plus complexe et dépasse l’opposition collaboration/résistance. Quel jugement porter, par exemple, sur Nathan Bates ? Les relations qu’il entretient avec les Visiteurs – un mélange de collaboration et d’opposition, au gré de l’évolution des rapports de force – ne servent qu’à assurer sa position personnelle. Brisant cette dialectique de l’indécision, Bates retrouve toutefois son humanité lorsque la vie de son fils est en danger.

Le manichéisme est pourtant bel et bien présent dans V – sa totale absence serait difficilement acceptable ! Après tout, le téléspectateur prend un réel plaisir à haïr le «méchant total» ! Ainsi en va-t-il du personnage de Diana – à l’origine un intervenant très secondaire avec seulement cinq apparitions dans la première mini-série, avant de devenir un des rôles essentiels de la série, Jane Badler est excellente, son jeu est parfait dans ce rôle difficile qui exige de l’autorité est une grande confiance en soi, qui doit être l’expression d’une conviction de puissance.

Mamaaaaaaaaaaaaan
Mamaaaaaaaaaaaaan

Avec son look de dévoreuse d’homme – au propre comme au figuré – Diana offre une nouvelle image de la femme dans les séries TV …

V est la première série de SF dont les effets spéciaux sont du niveau de qualité de ceux des productions cinématographiques. C’est cette première évidence qui frappe le téléspectateur. Avant V, seul des films à très gros budget pouvaient prétendre à des effets spéciaux spectaculaires et crédibles – et ce parce qu’il fallait des millions de dollars pour financer des réalisations nécessitant par ailleurs plusieurs années de travail. De l’argent et du temps : deux ingrédients inconnus des producteurs de séries TV.Et pourtant, toute la panoplie des «incontournables» est mise à contribution dans la série : colossales soucoupes volantes stationnaires ou animées, course-poursuite entre des navettes spatiales, décors high-tech et futuristes, vastes complexes industriels, combats au laser, explosions en tout genre ! Sans compter ce formidable plan montrant la flotte des Visiteurs en embuscade derrière la Lune, séquence d’ouverture des épisodes de la série régulière.Comment tout cela fut-il possible en un temps de réalisation limité et sur des budgets sans commune mesure avec ceux de superproductions comme la Guerre des Etoiles ou Galactica ?

Je resterai Ta Meilleure Amie !
Je resterai Ta Meilleure Amie !

La réponse tient pour l’essentiel en deux noms : David Stipes et Richard Bennett, respectivement directeur de la photographie et directeur des effets spéciaux – tandem qui travailla avec Spielberg (sur Rencontre du Troisième type) auquel il conviendra d’ajouter Robert Bailey, directeur des effets visuels et Marc Kolodziejczyk, modeleur de la Lune utilisée dans la séquence évoquée plus haut, et Dale Fay, constructeur de la flotte des vaisseaux mères.

Les techniques utilisées pour réaliser les effets visuels de la série sont souvent simples – donc peu coûteuses – mais d’une totale efficacité, tel ces «masques» de contrôle de contraste qui furent réalisés pour produire des épreuves à faible contraste, condition essentielle pour autoriser une composition de qualité en rétro projection. Du côté des techniques plus «sophistiquées» – au moins dans leur conception intellectuelle – voici par exemple comment il est possible de faire évoluer une navette spatiale dans un véritable décor :

1. une maquette de la navette est réalisée, fixée sur un support puis filmée sur un fond noir par une caméra en mouvement, équipée d’une pellicule couleurs normale.

2. la maquette est peinte en blanc, puis filmée à nouveau par une caméra suivant le même mouvement, équipée cette fois d’un film noir et blanc à fort contraste (type Eastman 5369). Ce film est développé.

3. le premier film – qui n’a pas été développé – et le négatif du second film, sont superposés et rechargés dans une caméra. La maquette est donc protégée par un «écran noir» d’un seconde exposition.

4. le décor est maintenant filmé puis la pellicule est développée.

Cette technique de montage à l’intérieur de la caméra donne des résultats d’une qualité maximale et contribue à la grande crédibilité esthétique de la série. La technique n’est cependant pas tout : le soin apporté à la réalisation des maquettes et des décors est également un élément remarquable de V.

Le grand armateur de la flotte des soucoupes volantes a pour nom Dale Fay. Six vaisseaux furent d’abord construits, le plus petit faisant 7,5 cm. de diamètre, le plus grand dépassant les 30 cm. de diamètre. Une septième maquette de 75 cm. de diamètre compléta l’armada pour les prises de vaisseau en fond de décor.

Pour la scène du générique d’ouverture de la série régulière, un grande toile de 2,5 sur 4,5 m. fut constellée de poussière d’aluminium, et ornée d’une authentique photo de la Terre de 25 cm., fournie par la NASA. Cette dernière fut également mise à contribution en fournissant des cartes et des photos, lors de la réalisation de la lune d’un mètre de diamètre, peinte et sculptée par Marc Kolodziejczyk sur une demi-sphère de plexiglas.

Au registre des trucages et autres effets visuels, il faudrait encore citer l’impressionnante scène de la conversion de Julie, pour laquelle un python de huit mètre fut engagé !

Approche grand public, personnages travaillés et acteurs talentueux, effets spéciaux impressionnants … autant de clés pour tenter de comprendre le succès d’une série qui, n’en doutons pas, restera parmi les classiques du genre.

Les Daft Punk Venus d'ailleurs *O*
Les Daft Punk Venus d’ailleurs *O*

Nombreuses sont les références et allusion à la science fiction littéraire, télévisuelle, cinématographique ou même picturale, qui colorent la série V. A ce titre, mais également pour son esthétique faussement néo-classique ou les motifs ultra référencés de ses scénarios, elle annonce la grande vague post-moderne qui s’est abattue sur la télévision américaineau tournant de la décennie : citons pour exemple quelques séries – phares – voire déjà qualifiées de “cultes” – comme Dream On, Eerie Indiana (ce générique !) ou Flash – cette dernière série étant probablement la plus “cryptée” des productions récentes, rien n’y étant livré au téléspectateur qui ne soit lourdement chargé d’un sens (plus ou moins bien) caché, on ne s’étonnera pas qu’un des épisodes, “Fast Forward”, soit un hommage appuyé à V!

Références littéraires : lorsque les premiers vaisseaux-mères s’immobilisent à la verticale des mégalopoles terriennes, ce sont des “spécialistes” de la question qui viennent commenter les événements dans les journaux télévisés – vu la situation, les spécialistes en question ne peuvent être que… des écrivains de Science-Fiction ! Ce sont Ray Bradbury et Arthur Clarke qui sont donc conviés par la presse à rassurer les téléspectateurs. Ce dernier est d’ailleurs le bien venu – l’arrivée des vaisseaux-mères des Visiteurs n’est pas sans rappeler au lecteur de SF averti son beau roman Les Enfants d’Icare (Childhoods End, 1954).

Diana Qu'tu y est belle !
Diana Qu’tu y est belle !

Références cinématographiques : contentons-nous de faire remarquer que les vaisseaux des nouveaux arrivants sont directement inspirés du célèbre film de Fred F. Sears Les soucoupes volantes attaquent (Earth vs. the Flying Saucers, 1956) ; et amusons-nous de ce savoureux clin d’œil : les Visiteurs prenant possession d’une usine sont accueillis par une fanfare qui interprète le thème principal du film de George Lucas Star Wars!

Références graphiques ou picturales : ces mêmes vaisseaux-mères ont été maintes fois mis en scène par des peintres de SF – citons le formidable Alex Schomburg pour ses nombreuses couvertures “ovniesques” – ou des illustrateurs de BD comme le trop méconnu Alden McWilliams, créateur de l’un des strips de SF les plus importants de l’Age d’Or

du genre Terres jumelles (Twin Earths, 1953).

Comme toutes les grandes séries de SF, V fait pleinement écho à la mythologie soucoupiste. Cette relation est certes moins évidente que dans Les Envahisseurs – où plusieurs “affaires” classiques sont directement réinterprétées par les scénaristes – ou dans UFO – dont le premier épisode est un exposé complet du mythe abductionniste. Un téléspectateur attentif trouvera toutefois son compte d’allusions et de références directes telle l’incontournable défaillance de l’équipement électrique à l’approche d’un vaisseau-mère.

Image

Série de SF autant que sur la SF, création autant que recréation, inventaire “ufologique” et contribution à l’élaboration d’un mythe moderne, V aborde également les domaines de la religiosité et du mysticisme, Qui s’en étonnera ? La SF est une littérature résolument messianique!

Elizabeth est née d’une femme vierge de la Terre et d’un être d’une essence différente. Fille et non garçon, Elizabeth est une image inversée du Christ . elle n’a pas été “annoncée” par un ange mais fécondée par un démon. Les Visiteurs sont en effet des reptiles – au même titre que le serpent tentateur (démon incarné) qui a conduit Eve à goûter au fruit de l’arbre de la connaissance. Le parallèle avec le roman de Clarke Les enfants d’Icare s’impose à nouveau – même si les ET qui y apparaissent sont bienveillants, ils sont à l’image “populaire” du démon (puisqu’à l’origine de cette image) et leur intervention condamne l’humanité sous sa forme actuelle.

Image inversée du Christ, Elizabeth n’en est pas pour autant l’Anté-Christ. Alors qu’elle ressemble aux humains son frère jumeau est un reptile à l’image des Visiteurs – donc du mal. La mort de ce double maléfique purifie l’enfant stellaire et contribue, sur le plan de la métaphore, à faire d’elle l’incarnation du bien. Et ce, tant du point de vue des humains que de celui des Visiteurs : Elizabeth porte la marque de Zon, principe positif de l’univers dans la cosmogonie des Visiteurs, analogue à la Force dans Star Wars. Les tenants de cette religion sont d’ailleurs persécutés par le pouvoir en place : un épisode montre l’un des disciples de Zon livré aux redoutables crivits, ce qui ne manque pas d’évoquer le sort des premiers Chrétiens livrés aux lions.

Poursuivons dans l’analogie christique en faisant remarquer qu’Elizabeth est explicitement l’élue et qu’elle connaît, elle aussi, une métaphore de la mort. A l’abri dans une caverne (symbolisant le tombeau mais également l’utérus), elle renaît à la vie en étant “transfigurée” : de même que les disciples ne reconnaissaient pas le Christ revenu d’entre les morts, ses amis ne reconnaissent pas l’enfant stellaire devenue une femme adulte.

Ce jeu constant des références est une des grandes forces de la série V. Le téléspectateur peut se contenter de “consommer” les épisodes comme des aventures mouvementées, élaborées à partir de scénarios comme seuls les scénaristes d’Hollywood sont capables d’en livrer! Mais il lui est également possible, s’il le souhaite, de prendre un certain recul et de tenter de décrypter ce qui lui est proposé – d’autant que les pistes sont nombreuses et les interprétations multiples. Autant le dire : rares sont les oeuvres de création qui accordent aux “consommateurs” une telle liberté dans leur approche.

Du point de vue historique, le parallèle entre les Visiteurs et les nazis n’est pas le seul qui soit pertinent. Il serait également possible de dresser un inventaire des motifs empruntés à la Rome antique : les dissidents religieux sont jetés en pâture à des animaux sauvages, un empereur détient le pouvoir politique et le pouvoir religieux, des “légions” sillonnent la galaxie et prennent possession des planètes exploitables.

Malcolm

La vie est injuste… Voilà comment on pourrait résumer l’état d’esprit de la sérieMalcolm (Malcolm in the Middle). Malcolm, c’est un garçon comme les autres tout juste âgé de dix ans dans la saison 1. Comme les autres ? Pas tout à fait… Il apprend en effet qu’il est doté d’un quotient intellectuel de 165, et qu’il va devoir suivre des cours dans une classe spécialisée de son école,surnommée la classe des “têtes d’ampoules” (“Krelboyne” dans la version originale), une classe très impopulaire ! “Ici, être intelligent, c’est comme être radioactif“, disait-il dès l’épisode pilote !
Malcolm vit dans une famille moyenne totalement déjantée : une mère, Lois, hystérique qui travaille dans un supermarché, un père, Hal, qui vit dans son nuage avec qui il est impossible d’avoir une discussion sérieuse, et des frères avec qui il fait les 400 coups ! Malcolm est le pivot de la série : il observe tout son petit monde évoluer devant ses yeux et n’hésite pas à nous faire part de ses impressions en s’adressant directement devant la caméra.
Originale, loufoque, attachante, réaliste, sans rire préfabriqué, Malcolm a connu un important succès aux États-Unis et dans le monde entier.

___________

Tout a commencé…
… le 9 janvier 2000 outre-Atlantique. Malcolm in the Middle débarque alors le dimanche à 20h30 sur les ondes de la Fox, avec pour objectif de faire oublier l’échec du précédent programme qui occupait la case horaire jusque-là. L’épisode pilote ”Je ne suis pas un monstre” de cette comédie d’un nouveau genre est un véritable carton d’audience ce soir-là : plus de 23 millions de téléspectateurs suivront les aventures du petit garçon à la frimousse malicieuse et aux grands yeux bleus.

Achetée en France par M6, ”Je ne suis pas un monstre” est diffusé le 24 décembre 2001 à 20h05. Malcolm se déplacera par la suite vers la tranche de la mi-journée. L’année dernière, la série a enfin trouvé son public. Avec un épisode de Malcolm, puis le 12 50 d’Anne-Sophie Lapix, à l’époque encore sur M6, placé entre deux épisodes d’Une Nounou d’enfer, la dernière formule de la mi-journée mise en place fin janvier 2006 est une vraie réussite, qui attirait tous les jours 1,5 million de téléspectateurs.

À l’origine de ce projet, un créateur déluré, Linwood Boomer, qui n’est pas inconnu des téléspectateurs. Linwood interprétait en effet le jeune aveugle Adam Kendall dans la série culte La Petite maison dans la prairie, marié à Mary Ingalls. Au milieu des années 80, il passe derrière la caméra et devient producteur et scénariste, fonctions qui lui apportera une certaine renommée.

Linwood est le deuxième d’une famille de quatre enfants. Il a grandi aux côtés d’une mère stricte et a été placé dans une classe spéciale d’apprentissage intensif. On sent d’où lui vient l’inspiration pour la série Malcolm ! Parmi ses créations, on notera la sitcom 3ème planète après le soleil (1996), ainsi que le dessin animé controversé God, the Devil and Bob(2000), dont il est producteur exécutif. Son plus gros succès sera bien évidemment la série, directement inspirée de son enfance. “À moi aussi, on a dit ‘Profite de ton enfance, ce sont les meilleures années de ta vie !’ et je savais déjà à l’époque que c’était des mensonges.

En France, on connait tous la série sous le nom de son personnage principal, Malcolm. Le nom original de la série, lui, contient plusieurs sens. Outre-atlantique, Malcolm devient Malcolm in the Middle, littéralement “Malcolm au milieu”. Le “in the middle” désigne d’abord le fait que Malcolm soit le héros de la série, mais aussi sa position initiale dans la famille, puisqu’il est à la maison entre son petit frère Dewey et son grand frère Reese, alors que Francis est éloigné en école militaire. Enfin, ce même terme désigne aussi la position sociale de Malcolm et toute sa famille, la fameuse middle-class (classe moyenne) américaine.

À grand renfort de promotion, le pilote de la série a réuni plus de 23 millions de téléspectateurs le 9 janvier 2000 sur Fox. Mais ce n’est pas pour autant la meilleure audience de la série, puisque la semaine suivante, plus de 26 millions d’américains ont regardé l’épisode 1.02 – “Alerte rouge” (Red Dress). Par la suite, on peut approximativement établir en moyenne que la saison 2 a captivé 14,5 millions de téléspectateurs, la troisième 12 millions, la quatrième 10,5 millions, 9 millions pour la cinquième, 7,5 millions pour la sixième et enfin seulement 3,5 millions pour la dernière. Le dernier épisode de la série, ”Malcolm président” (Graduation), a réalisé l’honorable performance de 7,46 millions de fidèles au rendez-vous pour suivre l’ultime aventure de Malcolm.
En France, la série réunit chaque midi environ 1,5 million de téléspectateurs pour une part de marché qui dépasse parfois les 30 %. Lors de la semaine du 31 juillet au dimanche 6 août 2006, la série réalise un record avec une part de marché de 30,7 % auprès des ménagères de moins de cinquante ans, cible fétiche des annonceurs (source : Médiamétrie). Un réel succès qu’aucun autre programme ne semble rencontrer le midi sur la chaîne, ce qui la pousse à multiplier les rediffusions Malcolm.

malcolm2lg2.jpg

En sept ans d’existence, Malcolm a remporté pas moins de 35 récompenses !

Un American Choreography Award pour le chorégraphe Fred Tallaksen (2004),
un Eddie Award pour la responsable du montage Nancy Morrisson (2001),
deux American Comedy Awards respectivement pour Jane Kaczmarek et Bea Arthur (2001),
un BMI TV Award pour They Might Be Giants (2000),
un British Comedy Award (2003)
un Artios Award pour les responsables du casting Mary V. Buck et Susan Edelman (2000),
un Directors Guild of America Award pour le réalisateur Todd Holland (2002),
deux Emmy Awards pour Cloris Leachman (meilleur guest féminin, 2002 et 2006),
un autre Emmy pour Mark Scheib et Steve Welch (montage, 2003),
deux Emmy pour Todd Holland (réalisation, 2000 et 2001),
deux autres récompensant le scénario (Linwood Boomer en 2000, Alex Reid en 2001),
un Family Television Award pour Jane Kaczmarek (2001, à égalité avec l’actrice Lauren Graham),
un Grammy Award pour They Might be Giants (2002),
trois Blimp aux Kids’ Choice Awards (un pour la série en 2001 et deux pour Frankie Muniz en 2003 et 2004),
un Nova Award pour Linwood Boomer (production, 2001),
un Peabody Award (2001),
deux Golden Satellite Awards respectivement pour Frankie Muniz (2001) et Jane Kaczmarek (2004),
deux Television Critics Association Awards pour Jane Kaczmarek (2000 et 2001),
un Writer Guilds of America Award pour Neil Thompson (scénario, 2005),
sept Young Artist Awards (un pour la série en 2002, un pour l’ensemble du casting en 2003, et quatre pour des jeunes acteurs, respectivement Frankie Muniz en 2001 et 2002, Craig Lamar Traylor en 2001, Brooke Anne Smith en 2002 et Cameron Monaghan en 2005),
un Young Star Award pour Frankie Muniz (2000).

Les scènes en intérieur sont tournées au CBS Studio Center à Studio City, Californie. Contrairement à la plupart des sitcoms, les tournages de Malcolm ne se déroulent pas en public. La maison qui sert pour les tournages en extérieur se trouve au 12334 Cantura Street à Studio City, Californie. Elle n’appartient pas à Fox mais à un particulier qui est rémunéré pour chaque journée de tournage. Lorsque le scénario l’exige, le tournage se déroule dans différents endroits en extérieur mais toujours à proximité des studios, la plupart des véhicules figurants à l’écran sont d’ailleurs immatriculés en Californie. L’école que fréquentent Reese, Malcolm puis Dewey existe : il s’agit de la Walter Reed Middle School, située dans le quartier de North Hollywood, Los Angeles.

À la fin de la première saison et pour l’épisode 1.16 – “Le liquidateur” (Water Park (1)), les scénaristes avaient imaginé un terrible cliffhanger pour tenir en haleine les téléspectateurs jusqu’à la diffusion du premier épisode de la saison 2. Dans le script original, la baby-sitter de Dewey tombait amoureuse du jeune garçon et le kidnappait, lui teignait les cheveux en noir et s’enfuyait vers la frontière mexicaine en lui répétant “À partir de maintenant, tu t’appelles Pepe.” Mais une histoire mettant en scène un adulte tombant amoureux d’un enfant et le kidnappant a fait bondir les instances supérieures de la Fox qui a signifié aux scénaristes qu’ils devaient retravailler la storyline de Dewey pour que le résultat ne choque pas l’opinion. Après ça, la syncope et le décès supposé de Mme White sont passés comme une lettre à la poste !

Le 17 janvier 2006, la Fox a officiellement annoncé l’arrêt de la série après la septième saison. La fin est en partie due aux faibles audiences que récoltait la série sur sa dernière saison, notamment à cause d’un changement d’horaire. On peut aussi parler du départ de Linwood Boomer aux commandes de la série à partir de la saison 6. Finalement, la fin de Malcolm était inévitable et résulte d’une mauvaise programmation des saisons 6 et 7 par la Fox ainsi qu’un constant désintêret du public américain.

___________________

Les personnages

Lois


Mère des cinq garçons, employée dans un supermarché, Lois est une femme extraordinairement autoritaire, à la limite de l’hystérie. Mais avec des parents sadiques, désagréables et méchants, des enfants plus que turbulents, et un mari rêveur, distrait et farfelu, on lui donne volontiers des circonstances atténuantes. Persuadée d’avoir toujours raison, ce qui est souvent le cas, elle parvient à soutirer ce qu’elle veut à qui elle veut. Mais derrière cette carapace, Lois est très proche de sa famille et très attentive à chacun.

Hal

Personnage rêveur, paresseux, extravagant et totalement irresponsable, Hal regrette l’époque de son adolescence. Tantôt naïf, tantôt ingénieux, mais souvent maladroit, Hal est incapable de se montrer sévère envers ses enfants, et laisse à sa femme faire le sale boulot. Il se donne en revanche beaucoup de mal pour être proche de ces quatre garçons, et n’hésite pas à entrer dans leurs combines quand ça l’arrange.

Francis

Aîné des cinq enfants, Francis est envoyé à 16 ans dans une école militaire en Alabama, où il passera le plus clair de son temps à défier l’autorité du Commandant Spangler. Mais à la différence de Reese, Francis tente d’apporter une justification à chacun de ses actes de délinquance, refusant la violence gratuite. Au début de la saison 3, il s’émancipe sans l’accord de ses parents et part en Alaska où il rencontre sa future femme, Piama. Ensemble, ils se font embaucher dans un ranch du Texas chez un couple sympathique et candide d’immigrés allemands. Francis est un vrai modèle pour ses jeunes frères, surtout pour Malcolm.

Reese


Reese est plus connu pour sa violence que pour ses résultats scolaires. Et pourtant, derrière cette méchanceté apparente, Reese est bourré de qualités. Tour à tour sensible, compréhensif, conscient de ses facultés, il n’a rien d’un idiot brutal et sans cervelle. On lui découvre même un don pour la cuisine. Il reste quelqu’un d’aussi attachant que les autres personnages de la série, qui se cherche encore.

Dewey


Attention, objet volant non identifié ! Le jeune Dewey est sans doute le garçon le plus étrange de la famille. Considéré par ses parents et par lui-même comme le chouchou de la famille, Dewey se fait martyriser par Malcolm et Reese. Mais sous ses apparences de gentil naïf, c’est un garçon très malin et parfois sans scrupules, qui sait tirer les situations à son avantage quand il le faut. À partir de la saison 3, il commence à se rebeller contre ses parents et ses frères. À noter que les sucreries le rendent particulièrement agressif.

Jamie


Le petit dernier de la famille est né dans des conditions très particulières, comme tous ses frères, à la fin de la saison 4. Jamie semble bien parti pour être aussi turbulent et agité que ses aînés.

Stevie


Meilleur ami de Malcolm, Stevie est un des seuls personnages secondaires à avoir autant d’importance dans la série. Asthmatique, se déplaçant en fauteuil roulant, c’est le premier à rire de son handicap, souvent de manière sarcastique, en faisant relativiser Malcolm lorsque ce dernier se plaint un peu trop à son goût.

Craig


Personnage récurrent depuis le deuxième épisode, Craig est un collègue de travail de Lois, dont il est secrètement amoureux. Stéréotype de l’américain moyen, il est bien portant, marginal, fan de télé et de bande dessinée.

Ida

Mère de Lois, Ida est une vieille femme acariâtre détestée de tout son entourage, et qui s’en accommode parfaitement. Méchante et manipulatrice, elle est hostile à toute forme de divertissement. Ida est bien loin de l’image de la grand-mère modèle de bon nombre de séries télé.

Commandant Edwin Spangler


Le Commandant Spangler est le directeur de l’école militaire dans laquelle Francis suit ses études dans les premières saisons. Largement impopulaire auprès de ses cadets, il ne jure que par obéissance et discipline de fer. Ses affrontements avec Francis sont l’objet de nombreuses scènes cultes.

Piama


Piama est mariée à Francis depuis la saison 3, peu après l’avoir rencontré en Alaska. La bru n’est guère appréciée par Lois. Il faut dire que la jeune femme a un caractère bien trempé, et son attitude lorsqu’elle est contrariée rappelle quelque peu celle de Lois. Le couple Piama et Francis est d’ailleurs comparable au couple Lois et Hal plus jeunes.


Otto & Gretchen Mannkusser


Couple d’immigrés allemands, Otto et Gretchen ont embauché Francis et Piama dans leur ranch dès le début de la saison 4. Excentriques et sympathiques, les deux partenaires sont quelque peu candides et naïfs lorsqu’il s’agit de prendre des décisions importantes.

____________________


Francis (Christopher Masterson)
Aîné des cinq enfants, Francis est envoyé à 16 ans dans une école militaire en Alabama, où il passera le plus clair de son temps à défier l’autorité du Commandant Spangler. Mais à la différence de Reese, Francis tente d’apporter une justification à chacun de ses actes de délinquance, refusant la violence gratuite. Au début de la saison 3, il s’émancipe sans l’accord de ses parents et part en Alaska où il rencontre sa future femme, Piama. Ensemble, ils se font embaucher dans un ranch du Texas chez un couple sympathique et candide d’immigrés allemands. Francis est un vrai modèle pour ses jeunes frères, surtout pour Malcolm.

Mieux que le Prön => CODE LISA =_-

J’ai remarqué que c’était un joyeux bordel sur mon Blog, des tofs qui dépassent du plan de vol, des texte qui bavent dans la colonne latérale. Mais c’est Sexy toussa. Bref OSEF

_________________________

Site non officiel

Code Lisa est une série TV pro duite par Uni ver sal comp tant 5 saisons et 88 épi­sodes, filmés entre 1994 et 1998. L’idée de Code Lisa(Weird Science en anglais) provient d’un film des années 1980 portant le même nom racontant l’histoire de deux lycéens loosers qui ont réussi à créer avec leur ordinateur une créature de rêve possédant des pouvoirs magiques. Mais le génie sexy va en fait bien les occuper en leur apportant plus de problèmes qu’autre chose.

Code Lisa n’est pas une série américaine ordinaire. Chaque épisode est un bijou de délires et de loufoqueries comme on n’en voit peu. Certes, tous ne sont pas du même niveau mais en général, le niveau comique atteint est rarement égalé. Cette réussite est surtout due au charme des personnages principaux et aux situations auxquelles ils sont confrontés.

Les deux héros ou zéros, au choix c’est le même prix, se prénomment Gary et Wyatt. Ce sont des ados boutonneux, un peu rejetés par les autres qui ont une vie très monotone jusqu’au jour où ils créent Lisa. Elle correspond à leur modèle de femme parfaite et s’appa­rente à un génie aux pouvoirs magiques infinis tant qu’il y a de l’électricité. Wyatt a un grand frère dénommé Chett qui est un ancien Marine complètement abruti.

Wyatt (le brun) qui aime l’informatique, les échecs est très intelligent, réfléchi et trouillard. Son physique de tête d’ampoule le complexe et le rend maladroit avec les filles. C’est tout l’opposé de son meilleur pote Gary (le blond) qui est grand, maigre, blafard, gaffeur, aime faire la fête, est paresseux, très bête et qui ne pense qu’aux filles mais tout aussi nul dans ses relations avec le sexe opposé. Leurs deux rôles sont géniaux et comme dans tous les bons buddy-movies, leurs diffé­rences les rendent inséparables. Mention spéciale pour Gary, l’acteur a une gueule comme on n’en voit pas assez à Hollywood.
Lisa est d’abord très mignonne. Créée comme une femme par faite, elle n’a aucun dé­faut sauf celui d’avoir du mal à prévoir toutes les conséquences de sa magie. Compa­ré aux autres, il manque une touche de folie dans son personnage et elle se re­marque plus pour sa plastique de rêve que pour ses qualités comiques.
Chett était au début un personnage secondaire mais il a pris de plus en plus d’impor­tance au fur et à mesure de la série parce que c’est le meilleur de tous. Il se re­marque bien plus que les autres et on ne peut que rire dès qu’il apparaît. C’est le cliché de l’Amé­ricain de base, super abruti et paresseux. Chett est un ancien Marine de 25 ans vi­vant encore chez ses parents. Il n’a pas de travail et n’en veut pas (trop dévalorisant pour un ancien soldat d’élite comme lui). Il ne pense qu’aux grosses voitures, aux armes à feu et à la bière. Ses seules occupations sont finalement de martyriser son petit frère Wyatt et d’essayer de coucher avec Lisa à chaque fois qu’il la voit. Lors de la dernière saison, Chett est devenu le personnage principal.

Je citerai aussi Scampi, le proviseur du lycée où vont Gary et Wyatt. C’est le pire en­nemi de Chett et le pauvre homme est toujours débordé par le bordel créé dans son établissement provenant des souhaits des deux ados. Lui aussi va prendre de plus en plus d’importance au fil des saisons.

Autour de ces quatre personnages va se créer à chaque fois des situations toujours plus cocasses et délirantes. Les scénaristes ont une imagination sans fin, ils paro­dient Alerte à Malibu, James Bond, les westerns ou arrivent même à faire une comé­die musicale sur le thème des pirates. Par exemple, je vous laisse imaginer ce qui se produit quand Wyatt devient président des Etats-Unis ou que grâce à une télécom­mande magique, Gary zappe tout ce qui est chiant et c’est le pauvre Wyatt qui en subit toutes les conséquences.

Le gros point fort de cette série est qu’il n’y a aucune morale, fait rare aux Etats-Unis. Tous les personnages sont bourrés de défauts et peuvent tout se permettre sans qu’aucune bonne valeur ne prenne le dessus. Il faut voir l’épisode où un Chett du futur qui a arrêté de fumer vient annoncer au Chett du présent qui fume le cigare qu’il faut arrêter. Résultat, les deux fument encore plus à la fin de l’épisode. Même pour moi qui suis totalement non-fumeur, c’est jouissif de regarder une telle série où tout peut arriver sans être gâché par une quelconque morale.

Code Lisa, c’est du grand délire et vingt minutes de bonheur pour chaque épisode. Les acteurs sont excellents, les dialogues irrésistibles, les situations sont variées et toujours plus folles (parfois même un peu trop). Une série qui a tout pour être culte.

Cayquoi ton genre de fill…euh, de série ?

Les sous genres de série télé sont multiples et variés. pour n’en citer que quelques uns:

(cayquoi votre préférence ? choix multiple.

 )

Comédie


Dramatique

Fantastique

Judiciaire

Médical

Espionnage

Guerre

Science Fiction

Horreur

Policier

Western

Aventure

Tv Show Késako ?!

La TV CayleBien

La TV CayleBien

Bon Commençons par présenter la bête. Blog sur les séries pour les séries et surtout pour emmerder les peignes cul qui se croient aptes a pouvoir critiquer tout un univers dont ils ignorent même les origines. Je suis un drogué de TV depuis le berceau. C’est un avantage et un inconvénient ( socialement parlant ) pour ma pauvre personne délurée et complètement barré dans un monde fictionnel ( wé, ça se dit pas, mais je vous conchie amoureusement ! [ça se dit pas non, plus, tant pis.]). Bref, un petit historique pour vous mettre dans le bain du merveilleux petit écran=>

_____

Une série télé est une œuvre de fiction audiovisuelle, composée d’épisodes construits autour d’éléments communs (personnages, décors et/ou thèmes récurrents), conçue pour être diffusée à la télévision.

Les séries télévisées, diffusées par des centaines de chaînes à travers le monde, ont influencé les téléspectateurs sur plusieurs générations et ont profondément marqué leur culture. Au fil des ans, depuis l’origine de la télévision, de nombreux genres et formes ont été développés autour de ce principe : feuilleton, anthologie,sitcom, telenovela, soap…

_________

La série télévisée est le genre le mieux adapté à la télévision. Du point de vue technique d’abord, car les images ne sont pas recadrées, tronquées ou réduites pour tenir dans l’écran comme le sont souvent les films de cinéma : elles sont réalisées pour ce format ; mais aussi du point de vue narratif. La série offre un rendez-vous régulier (quotidien, hebdomadaire ou autre) de nature à fidéliser le public. La courte durée des épisodes de la plupart des séries (généralement inférieure à une heure, voire à une demi-heure, sauf pour certaines séries comme Le Dixième Royaume“, dont les épisodes durent environ une heure et demie) leur permet de s’harmoniser avec la vie quotidienne moderne

___

Au sens strict, la série télévisée est une fiction télévisuelle à épisodes, où chaque épisode est narrativement indépendant. Selon cette définition, la série s’oppose au feuilleton télévisé. En effet, dans le feuilleton il faut théoriquement suivre l’intégralité des épisodes, dans l’ordre chronologique, pour comprendre l’intrigue, chaque épisode étant la suite du précédent. En revanche, une série au sens strict est un ensemble d’histoires (épisodes) théoriquement indépendantes les unes des autres.

__

Bien que de nombreux pays aient produit des séries, dont certaines de grande qualité, l’histoire des séries télévisées a été dominée principalement par trois pays : les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, aussi bien en quantité qu’en qualité.

__

Des années 40 aux années 50 aux USA, la télévision joue surtout sur l’image et les trouvailles visuelles, et cherche à fidéliser le public avec des rendez-vous réguliers de variété ou de divertissement, voire culturels. L’arrivée de grands sponsors permet de produire des dramatiques, des histoires indépendantes, diffusées hebdomadairement sous un générique commun portant le nom du sponsor. On a appelé ceci des anthologies. Elles regroupaient les épisodes sous un même thème, parfois avec un présentateur commun, étaient la plupart du temps diffusées en direct depuis New York, étant tournées dans des conditions plus proches du théâtre que du cinéma.

En 1951, Desi Arnaz et Lucille Ball créent la sitcom I love lucy. Ils tournent la série dans des conditions proches de celles du cinéma : à Hollywood, sur 35 mm, permettant la mise en scène et le montage. Cette nouvelle technique permet la rediffusion, auparavant difficilement possible, et donc l’amortissement des coûts de production ainsi que l’augmentation des budgets. Ceci entraine une délocalisation de la production de New York vers Hollywood, possédant de meilleures ressources techniques (studios, matériel…) et artistiques (vedettes, techniciens…).

Les premières séries télévisées américaines ont puisé leur inspiration dans des constantes de la culture américaine : le policier et le western. La télévision étant un media nouveau, il a été nécessaire de tout inventer et essayer, mais dans un contexte ou les impératifs économiques et moraux (l’Amérique puritaine et le code Hays[la censure]) bridaient les possibilités. Ceci, combiné aux influences de la radiophonie, du théâtre et du cinéma, a exacerbé la créativité des auteurs. Très vite sont apparus le fantastique et une manifestation précoce de Space opera à savoir Star Trek, l’espace étant un élément grandissant de la culture américaine avec la conquête spatiale. Le genre espionnage se développe aussi, en corrélation avec la guerre froide. La créativité des auteurs produit alors des séries hybrides : Les mystéres de l’oUest, qui mêle fantastique, espionnage, science-fiction et western, ou Des agents très spéciaux, qui mêle science-fiction futuriste et espionnage.

__

Au Royaume Uni, La BBC s’intéresse à la télévision dès 1929. Après quelques essais techniques, elle acquiert des studios en 1932. En 1936, le groupe diffuse déjà des programmes réguliers ; les diffusions utilisent d’abord en alternance les équipements de deux concurrents, Baird et Marconi EMI, puis par la suite uniquement ceux de Marconi, supérieurs techniquement. En 1939, 11 000 postes de télévision reçoivent les programmes, avant que la guerre n’éclate et que tout programme soit interrompu.

Les diffusions reprennent en juin 1946 sur la seule BBC. Une loi sur l’ouverture de la télévision au privé passe en juillet 1954, et lance la création du Indépendant télévision authority(ITV). En juillet 1955 démarre la première série télévisée britannique : Dixon of dock green de Ted Willis sur la BBC. Ce n’est qu’en septembre 1955 que ITV commence à émettre, sous la forme de quinze compagnies locales de diffusion et de production, parmi lesquelles Associated Rediffusion (Londres & banlieue en semaine), ATV (Londres le week-end), Granada TV ( Angleterre nord-ouest en semaine), et d’autres, notamment pour l’Écosse et le Pays de Galles.

__

En France, Les premières séries ont elles aussi puisé leur inspiration dans la culture historique (Maison RougeThierry la Fronde). Elles ont souvent été inspirées de romans-feuilletons:RocamboleVidocqJacquou le Croquant et bien sûr Belphégor, pour ne citer que les plus connues. La télévision française est également, dès l’origine, friande de séries policières: Les Cinq Dernières MinutesLes Enquêtes du Commissaire MaigretCommissaire MoulinLes Brigades du Tigre (cette dernière série mêlant intrigues policières et culture historique).

Jusqu’au début des années 1980, la télévision française était un monopole d’État et subissait des contraintes extrêmement fortes (moyens financiers limités, autocensure), ce qui ne l’a pas empêché de produire parfois des séries iconoclastes comme Les Shadoks, créée en 1968. Selon certains observateurs, la fin du monopole a compromis la qualité des productions françaises. En effet, rares sont les séries françaises contemporaines accueillies favorablement par la critique.

Ainsi, dans les années 1990, la télévision française voit, avec AB Productions, l’arrivée de nombreuses sitcoms telles que Salut les MusclésPremiers Baisers ou Hélène et les Garçons qui subissent les foudres de la critique mais reçoivent les faveurs du jeune public. Si certaines séries françaises diffusées actuellement sont de grands succès en termes d’audimat (Plus belle la vie est suivie quotidiennement par 5 millions de téléspectateurs en moyenne), aucune d’entre elles n’a connu de succès d’estime comparable à celui de leurs cousines américaines. Des séries françaises comme Section de recherches ou L’Hôpital reposent sur des intrigues inspirées des séries américaines à succès, mais sont comparées négativement à leurs modèles (respectivement Les Experts et Grey’s Anatomy) et n’ont pas eu l’audience escomptée.

__

La créativité des auteurs de séries étant visiblement sans limite, la typologie par format ou par genre ne peut se faire qu’a posteriori, à la lecture de l’histoire des séries télévisées et de l’analyse des différentes œuvres. Depuis plusieurs années, on constate une évolution considérable dans le domaine des séries, en particulier des séries américaines.

Si la cible publicitaire préférée des séries était autrefois la « ménagère de moins de 50 ans », elle est aujourd’hui beaucoup plus variée. Il existe désormais des séries pour adolescents ou jeunes adultes (Beverly Hills 90210Buffy contre les vampiresCharmedSmallville Gilmore GirlsLes frères ScottGrey’s Anatomy, ou déjà dans les années 1980 : 21 Jump Street), des séries pour adultes, parfois très crues (Sex and the CityNip/TuckThe Shield), et des séries plus ou moins familiales (Sept à la maisonFriendsStargate SG-1Lost.les disparus).

Une série comme Nip/Tuck, qui aborde sans détour des sujets tabous comme le sexe ou la drogue et met en scène avec réalisme et crudité des opérations de chirurgie esthétique, montre à quel point la liberté de ton s’est développée dans le genre.

__

Les Frenchis pas content=>

En France, les séries ont longtemps été dénigrées par la critique. Elles étaient considérées à la fois comme un sous-genre parce que perçues comme du divertissement, notion souvent accompagnée en France d’une connotation péjorative, et comme une forme d’américanisme envahissant. Les critiques de l’époque assimilaient toutes les séries anglo-saxonnes à des séries américaines et assimilaient toutes les séries américaines aux soap operas, en particulier à Dallas, feuilleton à succès auquel on reprochait de vanter le mode de vie américain dans ce qu’il a de pire, avec une histoire qui aurait pu être racontée en beaucoup moins d’épisodes. Dallas était considéré alors comme l’archétype à la fois de la série télévisée et du feuilleton médiocre.

La situation a changée lorsque une grande chaîne hertzienne, en l’occurrence Fr 2, a diffusé en “prime time” Urgences ( vive la référence -_-’ ), série-feuilleton plébiscitée à la fois par le public et par la critique. Le genre a finalement été reconnu comme une forme artistique à part entière et a donné lieu a des articles et à des analyses sérieuses dans la presse non spécialisée. Les critiques de séries télévisées ont pu être reconnus et avoir la parole sans être mis en recul. Les ouvrages spécialisés ont alors pu être publiés sans avoir à se justifier.

__

-=Voili Voilou, après un bref Historique Mi moi, mi wikipédien => je vous invite a suivre l’évolution de ce blog très Show=-

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.